Les pieds dans l'eau

Articulée en deux volumes complémentaires, « Champ de blé » est une maison familiale tournée vers le lac où il s'agissait de rechercher l'intimité tout en se protégeant du bruit environnant.

Dans cette parcelle proche du Vengeron, au bord du Léman, on se trouve dans ce qu'il est convenu d'appeler le Grand Lac. La vue est imprenable, avec le Mont-Blanc qui se dessine au loin, et la bâtisse d'origine y est implantée depuis les années 1940. En remplacement, l'objectif premier était d'y développer une maison familiale, dans une version plus moderniste. Tout en horizontalité, le programme imaginé se voulait autant un rappel des massifs montagneux qui lui font face que de l'étendue aquatique qui vient en lécher la propriété.

Un programme radical
Nichée entre la lac et la route proche, ce lieu-dit baptisé "Champ de blé" fait d'emblée  face à deux problèmes majeurs : le bruit et un soleil qui vient dans le dos. Pour y répondre, la proposition architecturale est assez radicale, en choisissant d'un côté de faire du volume construit une barrière naturelle, de l'autre en recherchant l'élément solaire tout en se protégeant de la bise.

Une maison articulée
L'idée principale est de créer deux parties distinctes et complémentaires. La première regroupe les programmes habitationnels habituels quand la seconde comprend les lieux d'accueil (les chambres des enfants en visite, la bibliothèque, la poolhouse...). Articulée pour composer une forme de « S », elle permet de réinterpéter la typologie classique des maisons de maître : une circulation en enfilade, une entrée avec la cuisine comme pièce centrale – le ventre en quelque sorte  –, une salle à manger forcément ouverte sur le paysage à la Hodler du lac Léman. Le solarium-terrasse créé au premier étage a son importance, car il vient créer le lien entre les espaces : entre la partie enfants et la partie parents, entre le ciel et la terre, entre la vue et l'intimité.

Tout en un
En décalant les deux parties l'une par rapport à l'autre, il est possible de créer une cour arrière et une cour avant. La première se veut plus servicielle, comprenant notamment l'accès au garage, la seconde plus personnelle en ramenant la piscine en son sein. L'expression se veut contemporaine avec des grandes baies vitrées, ouverte, aérienne, malgré une emprise au sol certaine avec près de 200 m2 par étage.

Une composition hygiéniste
Comme un clin d'œil, le découpage de la terrasse inférieure reprend les lignes de la précédente habitation. Très moderne dans sa définition, avec un côté hygiéniste, axée sur la nature environnante. Si la maison offre une façade quasi borgne sur l'arrière, la partie ouverte sur le lac offre un espace d'une grande intimité, ouvert sur l'horizon, mais protégé par l'articulation de la maison.
Le sous-sol est réduit à sa plus simple expression, principalement technique.